Âgé de 21 ans, Gouba Romaric
est étudiant en licence en action humanitaire, et jeune U-Reporter burkinabè
engagé pour la participation et les droits des jeunes.
Romaric prend la parole
lors du deuxième panel du MWC, consacré au bien‑être numérique, ©Ross/UNICEF,
Mars 2026
« Je ne suis pas venu
seul. Je suis venu avec la voix de milliers de jeunes. »
À des milliers de
kilomètres de chez lui, Romaric avance dans les allées animées de Barcelone.
Autour de lui, les innovations technologiques plus avancées attirent les
regards, mais dans son esprit, une seule priorité demeure : faire entendre la
voix des jeunes du Burkina Faso.
Dans un environnement dominé par les grandes entreprises et les
décideurs, sa présence rappelle que les politiques numériques doivent aussi
être construites avec et pour les jeunes.
Tenu à Barcelone du 2 au 5 mars 2026, le MWC est l’un des plus
grands rendez‑vous mondiaux consacrés à la connectivité et aux technologies
numériques. Organisé par la GSMA, il réunit des gouvernements, des entreprises
technologiques, des organisations internationales et des jeunes engagés autour
d’une vision commune : construire une transformation numérique plus inclusive
et plus sûre. Placée sous le thème « L’ère du numérique », l’édition 2026 a
exploré la manière dont la connectivité, l’intelligence artificielle et des
réseaux de nouvelle génération transforment les sociétés. C’est dans ce cadre
que Romaric, représentant des milliers de jeunes d’Afrique de l’Ouest et du
Centre, prend part aux échanges pour rappeler que ces avancées doivent aussi
répondre aux réalités et aux besoins des jeunes.
Partenaire de l’événement, l’UNICEF y a porté un plaidoyer fort en
faveur d’espaces numériques protecteurs et d’une intégration des jeunes dans la
gouvernance du numérique. Pour Romaric, évoluer dans cet espace de dialogue
international, aux côtés de Jemima, une jeune engagée de la République
démocratique du Congo, a été une expérience marquante. La diversité des
cultures et la richesse des échanges ont renforcé sa conviction que le
numérique peut et doit contribuer à un monde plus juste, plus équitable.
Lorsque vient le moment de monter sur scène, dans une salle pleine d’experts et de caméras il garde une seule idée en tête. “Je ne me voyais pas seul sur scène. Je voyais tous les jeunes que je représente », confie-t-il.
Romaric lors du panel sur
l’intelligence artificielle inclusive, il a appelé à des conceptions d’IA
prenant en compte les réalités africaines, ©Ross/UNICEF, Mars 2026
De Ouagadougou à la scène
mondiale
Engagé
pour amplifier la voix des jeunes à travers U-Report, Romaric considère ce
voyage comme bien plus qu’une participation à un événement international. C’est
une mission, une responsabilité : porter un message clair selon lequel le
numérique doit être inclusif, équitable et sûr pour tous.
Son engagement fait entre les réalités locales du Burkina Faso
et les débats mondiaux sur l’avenir du numérique.
Au
cours du MWC, Romaric prend part à deux panels importants consacrés à la
construction d’un futur inclusif pour l’intelligence artificielle au bien-être
numérique des jeunes. Il met en lumière les difficultés rencontrées par les
jeunes Burkinabè face aux technologies émergentes.
J’ai
posé des questions qui montrent que l’Intelligence Artificielle doit être
pensée pour tout le monde, pas seulement pour ceux qui y ont accès », explique-t-il.
Il insiste sur la nécessité de concevoir des
outils respectueux des valeurs et des réalités africaines. Sa vision est
directe. Pour lui, « Internet, c’est un espace de
liberté. Mais beaucoup de jeunes au Burkina Faso n’y ont pas accès. Cette
inégalité crée des barrières que nous ne devons plus accepter. »
Une immersion qui
transforme
Le MWC est aussi pour
Romaric un espace d’apprentissage. Il participe à des ateliers, découvre des
innovations technologiques, et se familiarise avec les enjeux liés à la
gouvernance numérique, à la connectivité et aux droits des jeunes.
Il participe également au
tournage du documentaire “Day in the Life”, consacré à l’engagement de jeunes
leaders.
De la gauche vers la
droite : Jemima, Henrietta Ridley, Cheffe de la section Numérique de
l’UNICEF et Romaric échangent sur les usages responsables de l’intelligence
artificielle, ©Ross/UNICEF, Mars 2026
Entre ses interventions,
Romaric échange avec des experts, des responsables d’organisations internationales notamment Michael
Newson et Sylvia Poll. Ces rencontres renforcent son engagement et font de ce
voyage une véritable source d’apprentissage personnel, académique et
professionnel.
« Voyager m’a appris de
découvrir, d’écouter et d’aller vers les autres. Chaque rencontre m’a donné
plus de confiance », confie-il.
Cette
confiance nouvelle l’amène désormais à envisager des études en relations
internationales pour continuer à défendre les droits des jeunes sur les scènes
internationales.
Ces expériences confirment
au‑delà du parcours individuel de Romaric, l’importance de créer des espaces où
les jeunes peuvent s’exprimer et contribuer aux décisions qui façonnent leur
avenir. Comme le souligne Vololomanitra Belalahy, Cheffe de section Genre, SBC
et Engagement des jeunes de l’UNICEF « Le parcours de jeunes comme Romaric
illustre pourquoi il est crucial de soutenir la participation significative des
jeunes dans la gouvernance du numérique. Leur engagement contribue à faire
avancer une inclusion numérique équitable et à promouvoir des espaces en ligne
sûrs, respectueux et adaptés aux réalités locales. »
Transformer l’expérience
en action au Burkina Faso
De retour à Ouagadougou,
Romaric refuse que cette expérience reste un moment isolé. Il en fait un point de départ. Dans son école,
il prépare des activités de sensibilisation sur les droits numériques, la
cyberviolence et l’usage responsable des technologies. Il souhaite également
initier ses camarades à l’intelligence artificielle et créer des espaces
d’échange autour du numérique.
Il prévoit de lancer « Veilleurs du Web », un programme visant à lutter contre
la désinformation et à promouvoir une culture numérique saine.
«
Le MWC m’a montré que notre voix compte. Maintenant, je veux aider d’autres
jeunes à se faire entendre aussi », affirme-t-il.
À travers son engagement,
Romaric incarne une jeunesse burkinabè prête à participer activement à la
construction d’un avenir numérique inclusif, éthique et porteur d’opportunités.
Cet
engagement s’inscrit pleinement dans la dynamique de U‑Report, une plateforme
mise en œuvre par l’UNICEF et ses partenaires pour permettre aux adolescents et
aux jeunes de s’informer, de s’exprimer et de participer aux décisions qui les
concernent.